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Solidaris | Ils veulent détruire les mutualités, nous défendons la solidarité

03/06/2026 | FR / NL

Depuis des semaines, les mutualités sont attaquées dans les éditoriaux, les débats télévisés et les déclarations politiques. Soudainement, elles seraient « trop coûteuses ». « Inefficaces ». « Dépassées ». Comme si la solidarité était devenue un problème. Comme si les soins de santé devaient être un produit de marché.

Mais disons clairement de quoi il s’agit réellement.

Il ne s’agit pas d’efficacité. Il s’agit de pouvoir. Car les mutualités sont l’un des derniers grands piliers d’une sécurité sociale qui n’est pas gérée par des actionnaires, des consultants ou une logique de profit — mais par les travailleurs, les malades, les pensionnés et leurs organisations. Et cela dérange certains depuis longtemps.

La sécurité sociale n’a jamais été offerte par générosité. Elle a été conquise par les luttes sociales. Par des travailleurs en grève. Par des syndicats qui se sont battus. Par un mouvement ouvrier qui refusait d’abandonner les gens à la pauvreté, à la maladie et à l’arbitraire. Les mutualités sont nées de cette histoire. Pas comme des entreprises. Pas comme des assureurs commerciaux. Mais comme une solidarité organisée, par les gens et pour les gens.

Et c’est précisément pour cela qu’elles sont aujourd’hui attaquées.

Car ceux qui réduisent les mutualités à de simples « coûts administratifs » tentent délibérément de cacher leur véritable rôle : protéger les citoyens d’une société où la santé dépend de l’épaisseur du portefeuille.

Chaque jour, des milliers de travailleurs accompagnent des personnes malades, inquiètes, perdues dans les réglementations, confrontées à un handicap, un burn-out, un cancer ou des difficultés financières. Ce travail ne se fait ni dans les studios de télévision ni dans les slogans idéologiques. Il se fait aux guichets. Au téléphone. Dans les dossiers. Dans les entretiens avec des personnes qui, souvent, n’ont plus aucun autre recours.

Ces travailleurs méritent du respect. Pas des soupçons ni du mépris.

Mais que voyons-nous aujourd’hui ?

Des partis politiques qui parlent de solidarité comme d’un fardeau. Des médias qui présentent les mutualités comme des intermédiaires inutiles. Des commentateurs qui utilisent le langage du marché pour démanteler les services collectifs. Toujours la même recette : d’abord discréditer le monde associatif, ensuite miner la confiance, puis imposer des économies, et enfin privatiser.

Car ne nous y trompons pas : affaiblir les mutualités, c’est ouvrir la porte aux assurances commerciales et à une santé à deux vitesses. Une société où le profit compte plus que les personnes. Où tomber malade signifie devenir un client. Où les soins ne sont plus un droit, mais un produit.

À cela, le SETCA dit NON.

Le SETCa défend les mutualités parce que nous croyons en la solidarité. Parce que nous croyons que les travailleurs et les citoyens doivent continuer à gérer eux-mêmes leur protection sociale. Parce que la sécurité sociale doit rester entre les mains des citoyens — et non du marché.

Et surtout : nous défendons les milliers de travailleurs qui, chaque jour, souvent sous une pression énorme, font vivre ce système avec compétence, engagement et humanité. Leur travail n’est pas un coût. Leur travail est une civilisation. Détruire le monde associatif, c’est détruire la société. Attaquer les mutualités, c’est attaquer la solidarité. Et ceux qui pensent que les travailleurs accepteront cela en silence se trompent lourdement.

La solidarité n’est pas dépassée. La solidarité est une forme de résistance. Et aujourd’hui, plus que jamais, cette résistance est nécessaire.